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31.5.15

Livres qui parlent de l'Inde

2 livres qui parlent de l'inde que j'ai lus il y a pas mal de temps et dès que je remets la main dessus, je vais les relire :
L'ÉQUILIBRE DU MONDE DE ROHINTON MISTRY 

Voici le grand roman de l'Inde contemporaine, réaliste, foisonnant, inspiré traversé par le souffle d'un Hugo ou d'un Dickens. L'histoire se déroule au cours des années 1970 et 1980.Dans le même quartier vivent des personnages venus d'horizons très divers : Ishvar et Omprakash, les deux tailleurs des «intouchables» ; Dina, la jeune veuve, qui, pour survivre, se lance dans la confection à domicile ; Maneck, descendu de ses lointaines montagnes pour poursuivre ses études ; Shankar, le cul-de-jatte, exploité par le maître des mendiants. Bien d'autres encore? À travers les heurs et malheurs de leurs existences, Rohinton Mistry, romancier anglophone né à Bombay, brosse une fresque qui est à la fois l'odyssée d'une nation et une parabole de la condition humaine. Un roman-fleuve qui nous emporte irrésistiblement.






SHANTARAM DE GREGORY DAVID ROBERTS

Gregory David Roberts, l'ex-truand australien, sauvé par ses amis du bidonville, raconte sa descente aux enfers et rend hommage à Bombay. Il y a dans les histoires vraies cette petite étincelle qui luit avec un éclat, à nul autre pareil. Le casier judiciaire de Gregory David Roberts ne doit pas éclipser le style de Shantaram, roman inspiré de ses dix ans de cavale dans les bas-fonds de Bombay...
Car Bombay n'a pas seulement abrité la fuite de l'écrivain, en le laissant disparaître dans les méandres du crime, de la misère et des rues sans soleil des quartiers les plus dangereux. Les rencontres lui ont offert le refuge le plus sûr au long de cette longue quête de rédemption. «L'Inde c'est le coeur. C'est le coeur qui nous maintient ensemble», dit l'un des personnages du livre...
Depuis, le rebelle a trouvé la paix. Il confie : «Désormais, je ne fuis plus.» (Agnès Séverin - Le Figaro du 8 mars 2007 )






29.5.15

Lectures : 3 livres lus récemment

" Middlemarch " de Georges Elliot

Résumé : Middlemarch (1871-1872) est sans doute le plus beau roman de George Eliot, en tout cas son roman le plus complet (le sixième sur sept). Deux intrigues sentimentales principales, l'histoire des deux mariages de Dorothea et le mariage malheureux de Lydgate, jeune médecin ambitieux, avec la vulgaire Rosamond Vincy, se détachent sur un fond foisonnant de personnages et d'événements, d'épisodes intéressants, amusants, émouvants. Un des charmes de George Eliot est dans cette surabondance de détails. Nous avons fait figurer en préface un beau texte de Virginia Woolf sur George Eliot : " L'issue fut triomphale pour elle, quel qu'ait pu être le destin de ses créatures ; et quand nous nous rappelons tout ce qu'elle a osé, tout ce qu'elle a accompli, la façon dont, malgré tous les obstacles qui jouaient contre elle (le sexe, la santé, les conventions), elle a cherché toujours plus de savoir, toujours plus de liberté jusqu'au jour où le corps, accablé par son double fardeau, s'effondra, épuisé, nous devons poser sur sa tombe toutes les brassées de lauriers et de roses que nous possédons. "

Mon premier livre de George Eliot ( qui est une femme en fait - un peu comme George Sand) et ça ne sera pas le dernier car c'est une écriture comme j'aime. Je lis aussi certains passages en anglais. 

 " Le sari vert " d'Ananda Devi

Résumé

Dans une maison de Curepipe, sur l’île Maurice, un vieux médecin à l’agonie est veillé par sa fille et par sa petite-fille. Entre elles et lui se tisse un dialogue d’une violence extrême, où affleurent progressivement des éléments du passé, des souvenirs, des reproches, et surtout la figure mystérieuse de la mère de Kitty, l’épouse du « Dokter-Dieu », qui a disparu dans des circonstances terribles. Elles ne le laisseront pas partir en paix.

 Livre très dérangeant car il témoigne de la violence extrême faite aux femmes; et je pense à certaines femmes en Inde .
Je l'ai lu jusqu'au bout mais j'ai bien failli le laisser tomber très vite. Livre sans concessions écrit par une femme et je me demande s'il elle a connu de près ce genre de violence conjugale.

"La fabuleuse histoire du clitoris" de Jean-Claude Piquard

Aussi incroyable que ça puisse paraître, une proportion importante de femmes et plus de 50% des jeunes filles ignorent tout de « cet organe surdoué du plaisir féminin, qui cumule plus de 10 000 terminaisons nerveuses, mesure 11 cm de long au repos et se déploie dans tout le bassin féminin avec ses racines, comme un phénix », tel que joliment défini dans sa préface par Julie Muret de l’association Osez le féminisme, qui avait en son temps (2011) lancé une campagne d’information et de sensibilisation sur le plaisir sexuel féminin : Osezleclito. Un sondage effectué alors révélait que moins d’un quart des femmes connaissaient la taille du clitoris. Et seules 16% des jeunes filles connaitraient sa fonction érogène.

Il faut dire que le clitoris, s’il est repéré depuis longtemps, reste dans l’angle mort des manuels cliniques et des séminaires de sexologie. Il y a seulement quelques années, l’urologue australienne Helen O’Connell dénonçait le fait que lors des opérations de la prostate, toutes les précautions sont prises pour préserver les nerfs érecteurs alors que dans les interventions chirurgicales gynécologiques on ne se préoccupe aucunement de la neurologie intime des femmes. La raison en est que ce système nerveux n’est tout simplement pas décrit dans les traités d’anatomie.

Et pourtant, il fut un temps pas si lointain où les médecins considéraient l’orgasme comme un remède à la neurasthénie et à l’hystérie, suivant en cela la mécanique des fluides de haute époque hippocratique : pour maintenir les équilibres garants d’une bonne santé, point de rétention des humeurs corporelles et va pour l’orgasme médicalement assisté. Tout au long du XIXème siècle les femmes seules et dépressives, réputées inaccessibles à ces orages désirés, se faisaient manuellement stimuler la vulve par leur praticien préféré afin d’atteindre le nirvana. « Cette activité – nous dit l’auteur, sexologue clinicien, avec une pointe de nostalgie – représentait environ un tiers du chiffre d’affaires des médecins ». Une véritable rente sur un marché très stable, puisque les hystériques ne risquent pas de mourir de leur maladie, pas plus qu’elles ne peuvent en guérir. En revanche la pratique pouvait se révéler chronophage, certaines femmes nécessitant jusqu’à une heure de stimulation thérapeutique.

C’est sans doute pourquoi on imagina en contexte thermaliste un dispositif plus efficace pour ce siècle industriel, une machine qui peut à bon droit être considérée comme l’ancêtre du vibromasseur, d’abord à manivelles ou à pédales, puis à vapeur et enfin, grâce à la fée électricité, dotée d’une miraculeuse autonomie. L’auteur note au passage que le vibromasseur allait être le quatrième appareil électrique à apparaître sur le marché, bien avant l’aspirateur. Sinon c’était la douche, le jet orienté par un opérateur entre les cuisses, on appelait ça la « physiothérapie » et l’on croit savoir que ce massage vulvaire hydraulique, communément appelé douche clitoridienne, contribua grandement à la prospérité des établissements de cure thermale.

Mais le Grand Siècle du clitoris reste sans conteste le siècle des Lumières et du libertinage. Là, le bouton de rose entre en littérature. Tribades et ménades vont peupler l’avant-scène des fantasmes de tout bord. Jean-Claude Piquard cite chastement le best-seller de l’époque, Thérèse philosophe du marquis Boyer d’Argens, et la stupéfiante chatouille qui la secoua de spasmes l’ébranlant de la tête aux pieds, la fit cambrer nerveusement et pousser un long gémissement dont elle ne savait s’il était de plaisir ou d’extase. Jacques Munier

Livre super intéressant qui devrait être lu par tous les ados et les adultes aussi.
Pas très bien écrit et un peu confus par moments mais cette fabuleuse histoire est vraiment intéressante. Il fait le point sur le sujet et c'est assez documenté. 

  



7.5.15

Livre "Indian Tango" d'Ananda Devi


Autre livre qui se passe à Delhi: "Indian tango " qui aussi décrit cette réalité de grande pauvreté, la décrépitude des maisons, ces rues grouillantes de  monde, d'animaux , de bruit. C'est le destin croisé d'un(e) écrivain et de la femme indienne typique sous le joug d'une belle mère vieillissante et autoritaire, d'un mari qui ne veut surtout pas contredire sa mère, bref une femme au service de tout ce monde sauf d'elle même, qui a laissé derrière elle tous ses rêves sauf celui de jouer à nouveau du sitar et c'est la contemplation de ce bel instrument qui lui fait croiser le regard de cet écrivain, en pleine crise existentielle remettant en question tout son travail d'écrivain et qui est en quête d'un sens à sa vie.
Séduire cette femme ordinaire qui ne s'est jamais permis d'être vraiment elle même lui paraît la voie à suivre , la catharsis pour sortir de cette crise. Séduire cette femme et surtout lui faire découvrir sa vraie nature féminine. Séduction qui s'accomplit dans un rituel très érotique. Mais le livre prend un tout un autre sens lorsqu'on s'aperçoit pratiquement à la fin que l'écrivain est en fait une femme.... Il m'a fallu revenir en arrière pour vérifier si je ne m'étais  pas trompée. Car tout le long du livre je n'ai à aucun moment soupçonné cette femme voulant séduire cette autre femme tellement différente d'elle même, donc le sens du livre est complètement bouleversé... Il faudrait relire ce livre depuis le début pour comprendre ce qu'est le destin des femmes en Inde sujet principal de ce livre intriguant. 
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«Elle s'est tournée pour partir sans même me voir, rentrée en elle-même, inatteignable. Elle a resserré le pan de son sari sur ses épaules. Sous la finesse du tissu, l'échancrure de la blouse laisse entrevoir une poitrine abondante. Peut-être n'est-elle même pas consciente de son attrait? Peut-être n'y-a-t-il eu personne pour le lui apprendre et réveiller en elle quelque orgueil endormi, quelque secrète vanité? J'ai perçu en elle la promesse d'une musique qui n'avait pas encore été jouée et qui, même désaccordée, contiendrait sa secrète harmonie. Suffirait-il de jouer en virtuose de l'instrument pour l'allumer de lumières et de couleurs nouvelles et franchir ses ténèbres?»
Avril 2004, New Delhi. L'Inde est en pleine campagne électorale. Sonia Gandhi – l'Italienne, l'étrangère – deviendra-t-elle le prochain Premier ministre?… Mais pour Subhadra, cinquante-deux ans, grande, plutôt ronde, une femme ordinaire, la préoccupation est autre : ira-t-elle à ce pèlerinage de renoncement des femmes ménopausées que lui propose sa belle-mère pour marquer la fin de sa féminité? Ou cédera-t-elle au contraire à la mystérieuse séduction de l'autre qui la suit depuis un mois dans les rues de Delhi? Un étrange pas de deux, chas
sé-croisé amoureux qui lui offre une chose que personne ne lui a jamais offerte : son propre corps... 

Livres : L'odeur de l'Inde



Pasolini connu surtout comment cinéaste est aussi être avant tout poète et écrivain. Sa description et ses impressionns de son arrivée en Inde et de son séjour avec Alberto moravia et son épouse Elsa Morante est tellement juste.
En quelques phrases il arrive à faire revivre devant mes yeux cette réalité que j'ai pu voir lors de mon voyage en Inde.
Cette misère éternelle et son lot de souffrances. Je retiens cette phrase qui me touche par sa justesse: " il est vrai que les indiens ne sont jamais joyeux; ils sourient souvent,c'est vrai, mais ce sont des sourires de douceur,non de gaieté."
La résignation, l'acceptation de leur réalité.

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Passage: «Ce sont les premières heures de ma présence en Inde et je ne sais pas dominer la bête assoiffée, en moi emprisonnée, comme en cage. Je persuade Moravia de faire quelques pas et de respirer quelques bouffées de cet air, d'une première nuit en Inde...»

17.11.14

Grenouilles : roman de Mo Yan

Petit résumé de ce livre très loufoque sur un sujet sérieux : la contraception en Chine et l'histoire d'une gynéco elle aussi très spéciale. Ce bouquin par son style foisonnant m'a fait penser à100 ans de solitude Garcia Marquez.
 
« Vous avez dit que l’image de cette femme médecin s’était imprimée dans votre cerveau, qu’elle roule à vive allure à bicyclette sur la rivière gelée ou que, sa trousse de secours au dos, un parapluie à la main, les jambes du pantalon retroussées, elle prenne de vitesse des légions de grenouilles. »
Têtard, le narrateur, écrit ces lignes à un grand romancier japonais, son maître, pour lui annoncer qu’il est en train de composer une pièce de théâtre dont la matière est puisée dans la vie et les hauts faits de sa propre tante, une célèbre gynécologue qui a fait de la mise en place du planning familial sous Mao son cheval de bataille. Autour de la personnalité à la fois fascinante et terrifiante de la tante se déploie la longue histoire des familles et des femmes du village, depuis les campagnes d’avortements forcés jusqu’aux dérives et délires de notre époque. Le destin de la tante s’achève en farce, entre horreur et grotesque, dans le « grand œuvre » de son neveu Chen le Pied dit Têtard, victime consentante, témoin médiocre et écrivain maladroit.
Avec Grenouilles, roman de facture audacieuse, au style inventif, et à l’humour corrosif, Mo Yan poursuit la construction d’une des œuvres littéraires les plus importantes de notre temps. Il propose ici un regard singulier, entre adhésion et distance critique, sur la politique de l’enfant unique.

Mo Yan
Mo Yan, né dans le Shangdong en 1955, a reçu le prix Nobel de littérature en 2012. Une douzaine de ses romans et nouvelles sont traduits en français et publiés au Seuil dont Beaux seins, belles fesses (2004), Le Maître a de plus en plus d’humour (2005), Le Supplice du santal (2006), Quarante et un coups de canon (2008), La Dure Loi du karma (2009) et Le Veau suivi de Le Coureur de fond (2012).

24.10.14

LECTURE : "Autoportrait de l'auteur en coureur de fond" H. Murakami

Le 1er avril 1978, Murakami décide de vendre son club de jazz pour écrire un roman. Assis à sa table, il fume soixante cigarettes par jour et commence à prendre du poids. S'impose alors la nécessité d'une discipline et de la pratique intensive de la course à pied.
Ténacité, capacité de concentration et talent : telles sont les qualités requises d'un romancier. La course à pied lui permet de cultiver sa patience, sa persévérance. Courir devient une métaphore de son travail d'écrivain.
Courir est aussi un moyen de mieux se connaître, de découvrir sa véritable nature. On se met à l'épreuve de la douleur, on surmonte la souffrance. Corps et esprit sont intrinsèquement liés.
Murakami court. Dix kilomètres par jour, six jours par semaine, un marathon par an. Il court en écoutant du rock, pour faire le vide, sans penser à la ligne d'arrivée. Comme la vie, la course ne tire pas son sens de la fin inéluctable qui lui est fixée…

LECTURE : " Au sud de la frontière, àl'ouest du soleil" H. Murakami

A douze ans, Hajime rencontre Shimamoto-san, sa petite voisine. Avec elle, il découvre la musique, les sourires complices, les premiers frissons sensuels ... Et puis celle-ci déménage, laissant à son ami le goût amer de l'abandon. Lorsque, trente ans plus tard, elle réapparaît, Hajime, rongé par le désir et la nostalgie, est envoûté par cette femme énigmatique, reflet de ses rêves perdus. Mais sous les traits délicats du visage de Shimamoto-san se cachent la souffrance, la folie et la destruction.

Conte moderne dont émane un érotisme discret mais obsédant, ce roman, servi par une écriture d'une formidable densité, entraîne le lecteur au coeur des contradictions de héros en quête d'un inaccessible absolu.

LECTURE : "Kafka sur le rivage" Murakami

Magique, hypnotique, Kafka sur le rivage est un roman d'initiation ou se déploient, avec une grâce infinie et une imagination stupéfiante, toute la profondeur, la richesse de Haruki Murakami. Une oeuvre majeure qui s'inscrit parmi les plus grands romans d'apprentissage de la littérature. Kafka Tamura, quinze ans, fuit sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui. Nakata, vieil homme simple d'esprit, décide lui aussi de prendre la route, obéissant à un appel impérieux, attiré par une force qui le dépasse. Lancés dans une vaste odyssée, nos deux héros vont croiser en chemin des hommes et des chats, une mère maquerelle fantomatique et une prostituée férue de Hegel, des soldats perdus, un inquiétant colonel, des poissons tombant du ciel, et encore bien d'autres choses... Avant de voir leur destin converger inexorablement, et de découvrir leur propre vérité.

ÉCRIVAIN : Haruki Murakami

Né à Kobe en 1949, Haruki Murakami a étudié la tragédie grecque à l'université de Tokyo, puis a dirigé un club de jazz, avant d'enseigner à Princeton pendant quatre ans. En 1995, suite au tremblement de terre de Kobe et à l'attentat du métro de Tokyo, il décide de rentrer au japon. Son premier livre, Ecoute le chant du vent (1979, non traduit), lui a valu le prix Gunzo. Suivront, notamment, Chroniques de l'oiseau à ressort (Le Seuil, 2001), Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil (Belfond, 2002 ; 10/18, 2003), Après le tremblement de terre (10/18, 2002), Les Amants du Spoutnik (Belfond, 2003 ; 10/18, 2004). Kafka sur le rivage inscrit définitivement Murakami parmi les grands de la littérature.

LECTURE : "La ballade de l'impossible" Haruki Murakami

« Au cours d'un voyage en avion, le narrateur entend une chanson des Beatles : Norwegian Wood. Instantanément, il replonge dans le souvenir d'un amour vieux de dix-huit ans. Quand il était lycéen, son meilleur ami, Kizuki, s'est suicidé. Kizuki avait une amie, Naoko. Ils étaient amoureux. Un an après ce suicide, le narrateur retrouve Naoko. Elle est incertaine et angoissée, il l'aime ainsi. Une nuit, elle lui livre son secret, puis disparaît... Hommage aux amours enfuies, La Ballade de l'impossible est un magnifique roman aux résonances autobiographiques, d'une tendresse et d'une intensité érotique saisissantes. »

2.5.14

Lecture : Doris Lessing : Dans ma peau (autobiographie, 1919-1949)

"Voici un livre clé de la grande romancière, auteur avec Le Carnet d'or, Les Enfants de la violence, La Terroriste, etc., d'une des œuvres les plus fortes et les plus significatives de notre temps.
Sans illusion sur les pièges de la mémoire, mais avec rigueur et sincérité, Doris Lessing nous livre ici l'expérience d'une vie commencée en Perse en 1919, entre un père mutilé par la guerre et une mère dissimulant sous un masque de rigorisme une profonde insatisfaction.
La Rhodésie où grandit l'enfant, l'éveil de sa sensualité, le sentiment de révolte humaine et bientôt politique qui la pousse à la rupture avec les siens : tel est à grands traits le panorama de ce livre, qui s'achève en 1949 avec l'installation à Londres de Doris, deux fois divorcée, un manuscrit dans sa valise. Car, derrière la militante et la jeune femme "émancipée ", la romancière est en train de naître...

10.1.14

" Il meurt lentement celui qui ne voyage pas, celui qui ne lit pas, celui qui n’écoute pas de musique, celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux. Il meurt lentement celui qui détruit son amour-propre, celui qui ne se laisse jamais aider. Il meurt lentement celui qui devient esclave de l’habitude refaisant tous les jours les mêmes chemins, celui qui ne change jamais de repère, Ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements Ou qui ne parle jamais à un inconnu Il meurt lentement celui qui évite la passion et son tourbillon d’émotions celles qui redonnent la lumière dans les yeux et réparent les coeurs blessés Il meurt lentement celui qui ne change pas de cap lorsqu’il est malheureux au travail ou en amour, celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves, celui qui, pas une seule fois dans sa vie, n’a fui les conseils sensés. Vis maintenant ! Risque-toi aujourd’hui ! Agis tout de suite! Ne te laisse pas mourir lentement ! Ne te prive pas d’être heureux ! " [ Pablo Neruda ]

1.11.13

Lectures ; Doris lessing " Victoria et les Satevey"

 
Oubliée un soir à l'école, Victoria, une petite fille noire, est recueillie pour une nuit chez les Staveney, une riche famille blanche londonienne, un peu bohème mais bien sous tous rapports, fière de ses idées progressistes. Pauvre et orpheline, la fillette découvre une demeure splendide, un autre univers, et s'éprend en secret du fils aîné Edward. La maison n'est pas très éloignée de la sienne, elle retourne souvent regarder ce symbole d'une vie enchantée qu'elle ne connaîtra jamais. Devenue une ravissante jeune fille, elle a une aventure avec Thomas, le fils cadet, qu'elle n'aime pas, devient mère d'une petite Mary à la peau claire, sans prévenir le père. Soucieuse de donner à Mary une meilleure éducation, elle renoue le contact avec les Staveney quelques années plus tard, alors qu'elle est mère à nouveau d'un petit garçon turbulent à la peau très noire. D'abord surpris, ils accueillent la fillette de plus en plus souvent, les grands-parents de Mary sont en adoration devant elle : ma petite crème caramel, mon petit éclair au chocolat, s'exclame le grand-père. Victoria a-t-elle mesuré les conséquences de sa décision ?
Dans ce court roman, d'une remarquable acuité, Doris Lessing renoue avec les combats de sa vie contre le racisme et l'hypocrisie. D'un mot, d'une phrase, elle débusque les inégalités, suggérant ce qui sépare deux mondes trop différents, les malentendus et les souffrances qui en résultent, même quand chacun fait preuve de bonne volonté. Elle mène l'intrigue avec un art consommé du récit, laisse deviner les sentiments et les doutes, va à l'essentiel sans jamais s'appesantir sur un état d'âme, une tension. La grande dame des lettres anglaise, écrivain engagé aux idées libérales, qui a passé son enfance au Zimbabwe, a reçu le Prix Nobel en 2007. À 91 ans, l'auteur du magnifique Carnet d'or n'a rien perdu de sa verve et jette sur notre époque un regard lucide, résolument moderne.
Victoria et Les Staveney, traduit de l'anglais par Philippe Giraudon, Flammarion, 2010

Lectures

 Au cours d'un bal, Werther tombe passionnément amoureux de Charlotte, mais elle est fiancée à Albert, son meilleur ami... Déchiré entre son sens de l'honneur et cet amour impossible, le jeune homme est en proie à de terribles tourments dont seule la mort pourra le délivrer.
Un texte fondateur du romantisme allemand, un manifeste exalté de la jeunesse et une histoire d'amour hors du commun.


Lectures


Ou l'histoire d'une régulation sentimentale. Édouard et Charlotte sont riches, ils mènent en un vaste domaine une existence raisonnée qui tend à la conservation de leur bonheur. Sur le désir d'Édouard, ils dérogent à leurs principes en accueillant son ami, le Capitaine, homme aux talents inemployés. S'interrogeant sur les affinités électives chères aux sciences naturelles, le trio s'en applique certains principes ; devenus A, B et C, ils se convainquent de la nécessité d'un D. Or, la nièce de Charlotte, Odile, s'étiole en pension. Goethe déclara avoir voulu "au sujet d'un conflit moral […] ramener à ses origines spirituelles une parabole chimique", la raison et la pensée portant la marque d'une "nécessité obscure et passionnée". La démonstration d'une telle fatalité s'appuie sur le rigoureux canevas du récit. Ses éléments, par-delà l'analyse systématique de l'évolution des inclinations des personnages, obéissent à de subtiles interrelations. Ainsi les transformations du paysage déterminées par les travaux d'aménagement du domaine soulignent-elles des processus qui modèlent les personnages là même où ils pensent agir sur le monde. --Bertrand Gosselin