" Middlemarch " de Georges Elliot
Résumé :
Middlemarch
(1871-1872) est sans doute le plus beau roman de George Eliot, en tout
cas son roman le plus complet (le sixième sur sept). Deux intrigues
sentimentales principales, l'histoire des deux mariages de Dorothea et
le mariage malheureux de Lydgate, jeune médecin ambitieux, avec la
vulgaire Rosamond Vincy, se détachent sur un fond foisonnant de
personnages et d'événements, d'épisodes intéressants, amusants,
émouvants. Un des charmes de George Eliot est dans cette surabondance de
détails. Nous avons fait figurer en préface un beau texte de Virginia
Woolf sur George Eliot : " L'issue fut triomphale pour elle, quel qu'ait
pu être le destin de ses créatures ; et quand nous nous rappelons tout
ce qu'elle a osé, tout ce qu'elle a accompli, la façon dont, malgré tous
les obstacles qui jouaient contre elle (le sexe, la santé, les
conventions), elle a cherché toujours plus de savoir, toujours plus de
liberté jusqu'au jour où le corps, accablé par son double fardeau,
s'effondra, épuisé, nous devons poser sur sa tombe toutes les brassées
de lauriers et de roses que nous possédons. "
Mon premier livre de George Eliot ( qui est une femme en fait - un peu comme George Sand) et ça ne sera pas le dernier car c'est une écriture comme j'aime. Je lis aussi certains passages en anglais.
" Le sari vert " d'Ananda Devi
Résumé
Dans une maison de Curepipe, sur l’île Maurice, un vieux médecin à
l’agonie est veillé par sa fille et par sa petite-fille. Entre elles et
lui se tisse un dialogue d’une violence extrême, où affleurent
progressivement des éléments du passé, des souvenirs, des reproches, et
surtout la figure mystérieuse de la mère de Kitty, l’épouse du «
Dokter-Dieu », qui a disparu dans des circonstances terribles. Elles ne
le laisseront pas partir en paix.
Livre très dérangeant car il témoigne de la violence extrême faite aux femmes; et je pense à certaines femmes en Inde .
Je l'ai lu jusqu'au bout mais j'ai bien failli le laisser tomber très vite. Livre sans concessions écrit par une femme et je me demande s'il elle a connu de près ce genre de violence conjugale.
"La fabuleuse histoire du clitoris" de Jean-Claude Piquard
Aussi incroyable que ça puisse paraître, une proportion importante de
femmes et plus de 50% des jeunes filles ignorent tout de « cet organe
surdoué du plaisir féminin, qui cumule plus de 10 000 terminaisons
nerveuses, mesure 11 cm de long au repos et se déploie dans tout le
bassin féminin avec ses racines, comme un phénix », tel que joliment
défini dans sa préface par Julie Muret de l’association
Osez le féminisme, qui avait en son temps (2011) lancé une campagne d’information et de sensibilisation sur le plaisir sexuel féminin :
Osezleclito.
Un sondage effectué alors révélait que moins d’un quart des femmes
connaissaient la taille du clitoris. Et seules 16% des jeunes filles
connaitraient sa fonction érogène.
Il faut dire que le
clitoris, s’il est repéré depuis longtemps, reste dans l’angle mort des
manuels cliniques et des séminaires de sexologie. Il y a seulement
quelques années, l’urologue australienne Helen O’Connell dénonçait le
fait que lors des opérations de la prostate, toutes les précautions sont
prises pour préserver les nerfs érecteurs alors que dans les
interventions chirurgicales gynécologiques on ne se préoccupe aucunement
de la neurologie intime des femmes. La raison en est que ce système
nerveux n’est tout simplement pas décrit dans les traités d’anatomie.
Et
pourtant, il fut un temps pas si lointain où les médecins considéraient
l’orgasme comme un remède à la neurasthénie et à l’hystérie, suivant en
cela la mécanique des fluides de haute époque hippocratique : pour
maintenir les équilibres garants d’une bonne santé, point de rétention
des humeurs corporelles et va pour l’orgasme médicalement assisté. Tout
au long du XIXème siècle les femmes seules et dépressives, réputées
inaccessibles à ces orages désirés, se faisaient manuellement stimuler
la vulve par leur praticien préféré afin d’atteindre le nirvana. « Cette
activité – nous dit l’auteur, sexologue clinicien, avec une pointe de
nostalgie – représentait environ un tiers du chiffre d’affaires des
médecins ». Une véritable rente sur un marché très stable, puisque les
hystériques ne risquent pas de mourir de leur maladie, pas plus qu’elles
ne peuvent en guérir. En revanche la pratique pouvait se révéler
chronophage, certaines femmes nécessitant jusqu’à une heure de
stimulation thérapeutique.
C’est sans doute pourquoi on
imagina en contexte thermaliste un dispositif plus efficace pour ce
siècle industriel, une machine qui peut à bon droit être considérée
comme l’ancêtre du vibromasseur, d’abord à manivelles ou à pédales, puis
à vapeur et enfin, grâce à la fée électricité, dotée d’une miraculeuse
autonomie. L’auteur note au passage que le vibromasseur allait être le
quatrième appareil électrique à apparaître sur le marché, bien avant
l’aspirateur. Sinon c’était la douche, le jet orienté par un opérateur
entre les cuisses, on appelait ça la « physiothérapie » et l’on croit
savoir que ce massage vulvaire hydraulique, communément appelé douche
clitoridienne, contribua grandement à la prospérité des établissements
de cure thermale.
Mais le
Grand Siècle du clitoris reste sans conteste le siècle des Lumières et du libertinage. Là, le
bouton de rose
entre en littérature. Tribades et ménades vont peupler l’avant-scène
des fantasmes de tout bord. Jean-Claude Piquard cite chastement le
best-seller de l’époque,
Thérèse philosophe du marquis Boyer d’Argens, et la stupéfiante chatouille qui la secoua de spasmes l’ébranlant de la tête aux pieds, la fit cambrer
nerveusement et pousser un long gémissement dont elle ne savait s’il
était de plaisir ou d’extase.
Jacques Munier
Livre super intéressant qui devrait être lu par tous les ados et les adultes aussi.
Pas très bien écrit et un peu confus par moments mais cette fabuleuse histoire est vraiment intéressante. Il fait le point sur le sujet et c'est assez documenté.