16.12.10

Dancing in the rain


A boy dances in the rain during a heavy tropical shower in a street of Havana, Cuba on July 19, 2010. (REUTERS/Desmond Boylan) #

26.11.10

Tours et détours de la vilaine fille - Vargas Llosa


Je lis ce livre depuis quelques jours, et c'est haletant, cette histoire d'amour qui va de rebondissements en rebondissements.
L'amour passion en est le thème principal, notre héros est balloté par les hauts et les bas de cette passion pour la "nina mala".
En filigranne, il y a l'histoire du Pérou, l'amour de Paris, toutes sortes de milieux au gré des voyages professionnels de notre héros.

**********************************************************************


Très beau livre sur une passion inconditionnelle

Un nouveau Vargas Llosa est toujours un événement et celui-ci ne fait pas exception à la règle.

Nous sommes à Lima et Ricardo Somocurcio, encore adolescent, dès les premières pages, va tomber éperdument amoureux d’une jeune fille de quatorze ans au nom de Lily. Elle va l’accepter, mais de la façon la plus discrète possible. Sa sœur et elles se prétendent chiliennes et non comme péruviennes. Ce mensonge découvert, elles vont totalement disparaître !

Notre narrateur s’en remet mal mais arrive néanmoins à accomplir son vœux le plus cher : vivre à Paris. Il y sera traducteur et interprète. Il devient très ami avec un autre Péruvien, Paul, qui se trouve engagé dans le mouvement révolutionnaire latino-américain suite à la victoire de Cuba. Lui-même n’y adhère aucunement n’étant pas intéressé par la politique et ayant accompli ce qui, pour lui, était son souhait le plus important dans la vie.

Un jour, il accepte cependant d’aider Paul, empêché, et va chercher trois nouvelles recrues à l’aéroport de Paris. Quelle n’est pas sa surprise en découvrant qu’une des candidates révolutionnaires, appelée Clara, n’est autre que Lily.

Il retombe instantanément sous le charme et ils passent une dizaine de jours ensemble jusqu’au jour où elle doit regagner Cuba pour y faire sa formation.

L’amour que porte Ricardo à Lily – Clara, est un amour total, sans limite, de celui que l’on ne ressent qu’une seule fois dans sa vie, obsessionnel. Bien ou mal lui en prendra car, dès ce moment, sa vie va s’en retrouver totalement chamboulée. Lily va s’appeler tantôt Clara, tantôt Madame Robert Arnoux, puis Mrs. Richardson et même Kiruko à Tokyo. Entre chacun de ces hommes, elle se donnera à Ricardo qu’elle appelle ironiquement « le bon garçon » et lui utilisera l’expression de « la vilaine fille ».

Mais entre chaque épisode d’amour fou et de bonheur pour Ricardo, il va se passer des années !... Il est totalement incapable de lui résister et au moindre appel il accourt même si pendant des mois il a tout fait pour tenter de l’oublier. Cela va le mener loin !...

Vargas Llosa, comme d’habitude, écrit merveilleusement bien et donne vie à ses personnages. Les études psychologiques sont plus qu’excellentes !

Même s’il y avait l’une ou l’autre petites longueurs, ce livre est vraiment à lire !...

( critique de Jules dans Critiqueslibres.com)

19.11.10

Unsafe journey


Unsafe Journey. A woman is riding between the railway carriages of a local train heading north from Dhaka, the capital of Bangladesh. Her luggage is tucked under the carriage in front of her. It is the month of Ramadan, a fast which culminates in Eid-ul-Fitr, a three-day celebration. Tens of thousands of people leave the city to go to their home village and celebrate with their families. Trains are packed and many who fail to get tickets before they sell out or can't afford buying them at the black market ride on the roof of the train or, like this woman, finds a quiet spot between the carriages. (Photo and caption by AMY HELENE JOHANSSON

The music of love


The Music Of Love. This picture was taken in Tenganan Village, Bali (2010). Tenganan is the most famous Bali Aga (original Balinese) village and is located close to Candi Dasa in East Bali. A man was playing bamboo music to entertain a disabled child which is not his son, but he loves this child likes he loves his own son.
Photo : ARIO WIBISONO

8.11.10

lecture :Jane AUSTEN - Northanger Abbey


Texte écrit par une blogueuse "Lilly et ses livres" et qui dit tellement mieux que je ne pourrais le faire ce que je pense de ce livre que je viens de finir à grand regret tellement il est bien écrit et que l'histoire rebondit très souvent. Un vrai plaisir comme TOUS les livres de Jane Austen dont je suis une fan.

"Jane Austen jugeait désuet l'engouement de son héroïne Catherine Morland pour les terrifiants châteaux moyenâgeux de Mrs Radcliff et les abbayes en ruine du préromantisme anglais. Parodie du roman gothique, satire pleine de saveur de la société anglaise qui prenait ses eaux à Bath, Northanger Abbey est aussi le roman très austénien du mariage et très moderne du "double jeu ". "

Vous allez dire que je commence à vous agacer avec ma Jane Austen... Mais je vous assure que vous auriez tort de ne pas essayer de lire ses livres. Ses livres sont plein d'humour, ses personnages sont extrêmement attachants, son style est unique et très agréable, c'est émouvant, mais sans aucune mièvrerie. En fait, quand on lit un roman de cette auteure, on ne peut qu'être réconcilié avec la littérature classique, et cela nous ouvre de belles perspectives.

Dans Northanger Abbey, l'héroïne, Catherine Morland, se rend à Bath avec des amis de ses parents pour la chaperonner. Il s'agit d'une jeune fille qui n'a rien d'extraordinaire, mais qui se passionne pour les romans gothiques, très prisés par la gent féminine de la fin du XVIIIe siècle. Lors d'un bal, elle rencontre le charmant Mr Tilney, dont elle tombe amoureuse, comme n'importe quelle jeune fille naïve. Il possède de nombreux attraits, dont celui de vivre dans une demeure au nom délicieusement gothique, Northanger Abbey.
A Bath, elle retrouve également son frère, accompagné de l'un de ses amis, le fier et frivole Mr Thorpe. Ce dernier a une soeur, qui est toujours pleine d'enthousiasme, et qui jure aussi souvent que possible qu'elle est une femme parfaitement indépendante, ainsi qu'une grande connaisseuse de la gent masculine qu'elle se plaît à dédaigner. Cependant, elle ne semble pas indifférente au charme du frère de Catherine, inclination qui est partagée du reste.

Ce livre est écrit de façon assez différente des autres romans de Jane Austen. Celle-ci se moque souvent de la naïveté de son héroïne, même si elle éprouve pour elle un grand attachement. Catherine est en fait une jumelle d'Emily, l'héroïne de Les mystères d'Udolphe d'Ann Radcliffe. Elle rêve de vivre des aventures terrifiantes, et son séjour dans la demeure des Tilney permet à son imagination de déborder.
Le lecteur est souvent interpellé par Jane Austen, qui le fait donc participer à cette histoire. C'est extrêmement plaisant, et pourtant, il fallait une certaine habileté pour y parvenir.
C'est aussi dans ce livre que j'ai trouvé les personnages les plus détestables d'Austen (avec Lady Susan bien entendu). La "bonne" société de Bath contient des personnages faux, et qui dévorent les individus naïfs tels Catherine et son frère.

Ce roman est mon préféré de l'auteur, avec Persuasion. Il est vif, délicieusement ironique, comme tous les textes de Jane Austen, et les clins d'oeil qu'il fait au livre d'Ann Radcliffe, que j'ai adoré, le mettent un peu à part dans l'oeuvre de l'auteur (même s'il est vrai que Raison et Sentiment parle aussi de littérature, en se moquant du romantisme).

27.10.10

Inondations en Indonésie


A Buddhist monk wades through floodwaters at a Buddhist temple in Ayutthaya province on October 25, 2010 as the country struggles following two weeks of flooding. (PORNCHAI KITTIWONGSAKUL/AFP/Getty Images) #

Le visage calme de ce moine bouddhiste dans ces rues submergées par l'eau est incroyable.Je le trouve très beau.

15.10.10

Tolstoï - version Sophie ( son épouse)




L'autobiographie de Mme Tolstoï

Elle l'aimait, Léon non plus
Par David Caviglioli

Sophie Tolstoï aura vécu avec son génie de mari quarante-huit années, parfois infernales, qu'elle a racontées dans « Ma vie », enfin publié 

Pour Sophie Tolstoï, l'année Tolstoï, c'était tous les ans. Rien à voir avec les réjouissances de ce centenaire, l'ogre russe ayant eu l'intelligence de mourir un siècle avant la rentrée littéraire 2010. Quarante-huit années de mariage, c'est long. Ça met de l'ammoniac dans l'osmose, d'autant que l'auteur des « Cosaques » était un mari ignoble. Ironie de cette célébration, c'est la femme dévouée du Maître qui en est la vedette. On édite ses écrits. On s'intéresse enfin à elle, comme dans le rêve diurne d'une épouse incomprise.

Pour Sophie Tolstoï, l'année Tolstoï, c'était tous les ans.

Jeune fille, elle s'appelait Sofia Andreïevna Behrs et vivait au Kremlin, où son père était médecin. Mais qui s'en soucie ? Ce n'est pas elle qu'on cherche du regard en ouvrant « Ma vie », son imposante autobiographie. On est obsédé par Tolstoï, on échoue à le comprendre, comme cette poulette bourgeoise de 18 ans. Lorsque l'écrivain, qui en a quinze de plus, l'accueille en 1863 à Iasnaïa Poliana, son domaine de paysan, il est déjà célèbre. Il lui impose d'entrée des promenades de 20 kilomètres, à elle dont les bottines de ville s'accommodent mal de la boue. « J'étais prête à fondre en larmes à tout instant, écrira-t-elle, ne pouvant comprendre que l'homme qui semblait si aimant et que j'aimais tant fût capable de me tourmenter d'une façon si impitoyable. » Elle comprendra vite que, balade ou non, Tolstoï est un homme qui vit à marche forcée.

« Il était impossible de suivre ses changements d'humeur », constate-t-elle sans cesser d'être « mue par ce désir ardent de lui être utile, de lui plaire en tout ». Dans les quinze années qui suivirent, ce temps des grands romans qui vit naître « Anna Karénine » et « Guerre et Paix », elle recopie ses travaux, roule ses cigarettes, lui donne treize enfants, lit pour ne pas paraître bête, se plie à ses caprices. Lev Nikolaïevitch veut qu'elle mène une existence de paysanne : elle va s'évanouir dans des étables à force de humer la bouse, se déplace en charrette et achète du « linge grossier » pour vêtir son fils. Jusqu'à ce qu'il change d'avis, la fasse voyager en première classe et porter des toilettes hors de prix. Les spécialistes considèrent ces années comme la séquence heureuse du mariage Tolstoï.

Cette idylle qui n'en est pas une bascule en 1879. Tolstoï vire mystique. Dans les articles auxquels il se consacre désormais, il prône le dépouillement. Il renonce à ses droits d'auteur, malgré les protestations de sa femme. L'affaire empoisonne leurs relations. Tolstoï le pur esprit découvre que son épouse a le matérialisme borné d'une mère de famille. L'épisode est fameux, mais on découvre dans « Ma vie » que Sophie n'était pas le dragon ménager que l'histoire a retenu. Elle comprend son mari, elle sait que son insatisfaction est le revers de son talent. Elle le prend même en pitié lorsqu'elle le voit ébranlé par ces lettres anonymes ironisant sur son « pharisaïsme » de grand propriétaire.

« Ma vie » est un texte élégant, simple et redoutablement précis. Il a la justesse de ce qui a été écrit à tête reposée, quand le tourment n'est plus qu'un mauvais souvenir. Sous le coup de la colère, Sophie Tolstoï montrait toutefois moins de discernement. En 1889, son vieux Léon commet « la Sonate à Kreutzer », une nouvelle prodigieuse et misogyne, vite interdite par les autorités, qui dépeint l'amour comme une farce répugnante et appelle l'humanité à renoncer au sexe. Sa publication a été un calvaire pour Sophie, qui y vit une attaque directe et alla tout de même, enceinte, la réhabiliter auprès du tsar.

Comme beaucoup de lettrés en proie au désespoir, elle répondit par un mauvais roman. Au terme d'un imbroglio entre traducteurs, « A qui la faute ? » paraît aujourd'hui chez deux éditeurs, Albin Michel et les Editions des Syrtes - heureusement assorti de la « Sonate ». C'est une bluette totalement niaise sur une jeune fille pieuse qui court après le vrai amour et les papillons. Le genre de choses qu'on ne trouvait pas dans le cœur tortueux du comte Léon Tolstoï.

David Caviglioli ( nouvel obs)

Ma vie, par Sofia Tolstoï, Syrtes

9.10.10

Les ruelles de Montréal


Difficile à croire mais nous sommes bien à Montréal, plein centre ville sur le " Plateau Mont-Royal", les rues arrières sont pleines de poésie parfois, il faut se donner la peine, ou plutôt le plaisir de les découvrir...

20.9.10

Week-end à la campagne



St-Adolphe d'Howard est un petit village des Laurentides, très tranquille et c'est là que nous passons tous les week-end et ce dimanche on a eu toute une surprise : la visite d'un orignal. C'est très spectaculaire car l'animal est monté très haut sur pattes, il est très grand, plus grand qu'un cheval sauf qu'il n'a pas la beauté du cheval, on dirait un cheval raté ( je m'excuse pour la famille orignal)...
Toujours est-il que ça doit être très rare de voir un orignal si proche des habitations, au contraire des chevreuils que l'on voit de temps en temps.

3.9.10

La princesse et les soldats... photo de G Garanich


FÊTE NATIONALE - La région sécessionniste moldave de Transnistrie a célébré jeudi les vingt ans de son indépendance autoproclamée. (REUTERS/Gleb Garanich)

26.7.10

Photos d'ailleurs...


Storm clouds clear over Cook Inlet about 27 miles southeast of Anchorage, Alaska on Monday, July 5, 2010. The photo was taken around 9:48 pm Alaska Daylight Savings Time with the sun still high on the horizon. (AP Photo/Charles Rex Arbogast)

5.7.10

KASALA OU L'AUTO LOUANGE

Les vertus de l'auto-louange
A l'origine de bien des déboires, notre manque d'estime de soi ! Nous nous montrons bien prompts à nous dénigrer, beaucoup moins en revanche à chanter nos louanges. Le point sur les bienfaits de l'auto-louange, une approche méconnue qui n'a rien à voir avec une attitude fanfaronne.
L'époque est à la critique, pas seulement celle que l'on peut lire dans la presse, sur notre équipe de foot ou encore nos politiques... Nous sommes également devenus les champions de l'auto-critique. Une attitude qui n'est pas sans risques. A trop nous dévaloriser, nous opérons une forme de sabotage envers nous-même. Nous nous privons d'un précieux soutien, à savoir le nôtre, pourtant nécessaire à la réalisation de nos projets. Pratiquer l'auto-louange peut nous aider à renverser la vapeur et à rehausser non seulement notre estime de soi, mais également notre capacité à mobiliser notre énergie pour nous réaliser.
Pratique ancestrale qui tire son origine, entre autres, d'une tradition africaine nommée kasala, "l'auto-louange consiste à écrire puis proclamer un texte qui parle de soi" explique Marie Milis, professeur d'éthique à Bruxelles, auteur d'un livre sur ce thème.
Il ne s'agit pas de faire sa promotion, ou encore une pub avantageuse destinée à se vendre... avec une obligation de réussite. Non ! Concrètement, il est plutôt question d'écrire un texte en "je" qui donne envie à ceux qui l'écoute de se dire : "Quelle chance j'ai de connaître cette personne !". Un des principes fondamentaux réside dans l'intention, non plus de se fustiger mais bien de contacter "sa grandeur" sa beauté, tout ce qui fait de nous un être unique. Un défi plus important qu'il n'y parait !
Amplifiez sans mensonge
S'il paraît simple dans la forme, l'exercice peut soulever bien des freins. Marie Milis, qui en a expérimenté les bienfaits auprès d'une classe d'étudiants avant un examen, et même d'un groupe d'agents de surface fraîchement licenciés, donne deux pistes majeures à suivre pour se simplifier la tâche.
• L'amplification. Pas question de se penser petit, ou étriqué, on voit grand. D'après elle, "il s'agit d'être attentif à ce qui se passe en nous, un état du moment, un mouvement intérieur, une sensation, une qualité et de l'exprimer avec panache". Comme par exemple : "je suis un génie caché sous la robe de l'habitude résignée" ou "je suis le sommeil en attente de songes fantastiques, derrière le rideau de mes paupières closes".
• Autre condition incontournable : tout doit être vrai, authentique. Inutile de buter sur une vision positive, si votre vie est sombre et que vous broyez du noir. Pensez et écrivez noir mais façon Soulages, sublimant cette teinte.
Lâchez le mental
Nous sommes souvent pris entre deux feux, à savoir une manie toxique de nous dévaloriser, et une autre sociale, nous poussant à montrer notre meilleur profil, par le biais de nos acquisitions ou de nos performances. L'un comme l'autre nous fragilisent, nous éloignent de notre être, au profit d'un avoir par définition périssable. Le débat entre l'avoir et l'être court toujours. Pour faire pencher la balance en faveur de l'être, l'auto-louange se révèle un atout de taille. Cela va demander à nombre d'entre nous d'apprendre à lâcher prise avec le mental, et le contrôle. En clair, il faut laisser tomber toute tentative d'ordonner ou d'organiser son écriture et privilégier l'expression créatrice autour d'une sensation plus qu'une élaboration de l'intellect même brillante. Comme on déroulerait le fil d'une pelote.
La bonne nouvelle ? Il n'est pas nécessaire d'avoir du temps pour écrire son auto-louange. Quelques minutes suffisent pour contempler une de nos qualités, et rédiger un court texte à son propos. Si l'inspiration n'est vraiment pas au rendez-vous, prenez un temps dans la nature pour vous appuyer sur un arbre ou dans un musée.
Des bienfaits très contemporains
Pratiquée régulièrement, comme une gymnastique de l'esprit en quelque sorte, l'auto-louange stimule l'estime de soi et reconnecte chacun à son talent. Une vertu particulièrement utile en temps de crise. Quand les repères vacillent et que l'humain se retrouve en butte à nombre d'incertitudes, une vision créative et positive de soi, peut faire office de pont jeté vers un futur à réinventer. Au quotidien, elle redonne un vrai coup de pep et de dynamisme !
Catherine Maillard, le 24 juin 2010

8.6.10

FILM : " PLEASE GIVE"



PLEASE GIVE
Written and directed by:
Nicole Holofcener
Starring: Catherine Keener, Oliver Platt, Rebecca Hall, Amanda Peet, Sarah Steele, Ann Guilbert

There are no villains in Nicole Holofcener’s movies. Instead, there are rumpled, recognizable humans, constantly fretting over the line between being a predator and becoming prey. Because her latest, “Please Give,’’ is set in the plush confines of downtown Manhattan, the characters live comfortable lives without ever taking comfort in them. They chip away at themselves with questions: What’s the price of being good? Is it possible to use people altruistically? What, in the end, do we owe others?
The movie doesn’t tell a story so much as observe from an affectionate distance as its characters dither and forgive, desperate for solace without looking like a sap. “Please Give’’ is a moral comedy that feels at times like one of the late Eric Rohmer’s deceptively breezy miniatures, or a mid-period Woody Allen movie minus the fussiness. Above all, it’s the rare film to be owned by its women, both before the camera and behind it, and its emotional barometer is one of infinitely fine gradations.
As in her previous films (“Walking and Talking,’’ “Lovely & Amazing,’’ “Friends With Money’’), Holofcener relies on her muse, actress Catherine Keener, to shoulder the tale. Keener plays Kate, who lives in SoHo and with her husband, Alex (Oliver Platt), runs a successful vintage furniture store. They get their goods from the relatives of the recently deceased — suburbanites anxious to unload mom’s ugly chairs before selling the apartment — and the built-in rapaciousness of her work is pulling Kate apart at the seams. Keener has never looked so harsh and so bereft; it’s as if her wiring were starting to show through her skin.
Kate and Alex live in a high-rise apartment and have bought the adjoining unit from Andra (Ann Guilbert), the elderly woman who still lives there. They want to break through the walls and renovate, but first Andra has to — there’s no other way to put it — die. Kate offers social pleasantries to the old lady but Andra is having none of it. (Guilbert, who long ago played Millie Helper on “The Dick Van Dyke Show,’’ is a dour-faced hoot.) If you’re going to be a vulture, you may as well admit it, and, besides, isn’t that what it takes to live in New York?
That unspoken question — what do you grab for yourself and what’s left over for everyone else? — animates all the characters. Andra has two granddaughters. Rebecca (the glorious British actress Rebecca Hall) is soft-hearted and maybe a little soft-headed, a medical technician whose gentle goodness is a matter of pride. By contrast, Mary (Amanda Peet) is beautiful and ruthless, covering her anxiety with a shell of steel.
That hardness turns Alex on, and it’s attractive as well to his and Kate’s teenage daughter, Abby (Sarah Steele), a deep-souled sort wrestling with acute acne and her mother’s lefty hypocrisy. Because she doesn’t yet know who she is, Abby is drawn to both sisters. One offers her hints on how to live, the other on how to survive.



The title sequence of “Please Give,’’ by the way, is a droll shocker: A parade of breasts being manipulated into a mammogram machine. They’re old, young, big, little, desexualized and individualistic, and they immediately announce that this will be different from all those other movies that look at women and see boobs. Holofcener looks at boobs and sees women: the grace that enlivens them and the fears that rattle the cores of their being. Kate has a nervous tic of giving money to homeless people, and while the director presents this as a sly parody of yuppie guilt — the ethical equivalent of emissions trading — we also see the despair at the root of it. The drama of the movie (and it’s so nuanced as to be nearly invisible) is in the balancing of the scales that will allow Kate to live and to breathe.
Or to continue deluding herself. If you come at “Please Give’’ from the wrong angle, the smugly progressive characters may drive you batty, no matter the care with which they’re drawn. This is a movie that uses a $230 pair of jeans for dramatic closure and that never seriously ruffles the little lives it depicts. Holofcener isn’t interested in hurling down judgments, though, and she lets Kate and Alex’s consumerist lifestyle speak for itself. To exist in New York is to constantly strip-mine the past for the present, to tear down what came before and build anew.
So what do you keep? And what do you carry forward? At the end of this rich, maddening movie, everything and nothing has changed. Abby sees her father in a new light (and Steele is able to squeeze many meanings from a single look) and Kate’s spiritual prison cell has a new window. All the characters are in different places by a half step or so, enlivened by the radical idea that charity begins at home.
By Ty Burr
The Boston Globe

1.6.10

Argentine - Bi centennaire



Thousands of demonstrators participate in the National Indigenous March that arrived in the Plaza de Mayo in Buenos Aires after traveling some 2,000 km across the country, as part of commemorations for the bicentennial of the Independence and to call for a multicultural state that respects the rights of native peoples. (DANIEL GARCIA/AFP/Getty Images)

28.5.10

Bi-centennaire de la république Argentine



Argentine artists perform depicting Madres de Plaza de Mayo under the rain on May 25, 2010. The Mothers of the disappeared are human rights activists who began their mission after thousands of their children "disappeared", abducted by agents of Argentina's military dictatorship, between 1976 and 1983. (DANIEL GARCIA/AFP/Getty Images)

Vu sur Boston.com

24.5.10

Journée estivale au Parc lafontaine

Aujourd'hui "Fête des Patriotes", donc jour férié, avec une température estivale autour des 30 degrés, il y avait monde autour du lac du Parc Lafontaine.
Ambiance familiale, amicale, barbecue, crèmes glacées, vélos, jongleurs, baignades, musique... un petit coin de paradis à Montréal.






lecture : "Le dieu des petits riens" d'Arundhati Roy


Je lis ce livre fascinant en ce moment et je mets cette critique assez ancienne mais tout à fait pertinente.


Arundhati Roy : Le dieu des Petits Riens


( Booker Prize pour un premier roman: l'Indienne Arundhati Roy )
Article publié dans l'express en 1998

Elle est là, calme et belle, sachant que chacun jauge son allure réservée, son regard profond, sa peau brune, ses longs cheveux noirs soigneusement brossés et ce diamant brillant à sa narine. Tout le gratin de l'édition mondiale est à ses pieds. C'était en octobre 1997, à la foire de Francfort. Arundhati Roy venait tout juste de remporter le Booker Prize (la plus prestigieuse récompense littéraire de Grande-Bretagne).
A 37 ans, cette femme jusqu'alors inconnue, qui n'avait quasi jamais quitté son Inde natale, a créé, à la surprise générale, l'événement éditorial de l'année 1997, et touché plus de 1 million de dollars pour les droits de son premier roman, Le Dieu des petits riens, publié aujourd'hui en France. Un regard ultralucide sur la réalité indienne qui a conquis, en un rien de temps, plus de 15 pays. Et qu'on s'arrache toujours, un an après sa sortie, dans les librairies anglo-saxonnes.
Tout débute en 1992, lorsque cette jeune scénariste, qui donne, à l'occasion, des cours d'aérobic pour arrondir ses fins de mois s'achète un ordinateur et s'enferme des heures dans une pièce de son studio sans que ni son mari ni ses sœurs sachent ce qu'elle peut bien fabriquer là. Elle-même n'en était pas très sûre. «Le livre sortait comme ça de mon Macintosh, comme émergeant d'une sorte de brouillard, ça m'a très vite obsédée», devait-elle confier par la suite. Elle mettra plus de quatre ans à écrire - directement en anglais - son roman, ne rédigeant guère plus de dix lignes par jour. Ne retouchant jamais son texte. Lorsqu'elle pose le point final, à la mi-1996, elle soumet son tapuscrit à un éditeur, qui le lit dans le train. A 3 heures du matin, Pankaj Mishra profite d'un arrêt en gare pour lui communiquer, par téléphone, son enthousiasme. Une semaine après, il achète les droits pour l'Inde. Huit jours plus tard, l'agent littéraire britannique David Godwin débarque à New Delhi et lui propose de défendre ses droits. Trois semaines encore et Arundhati Roy était à Londres, courtisée par huit des plus grands éditeurs britanniques, qui s'arrachaient aux enchères l'honneur de la publier. HarperCollins mettra 150 000 livres sur la table. De son côté, Random House ira jusqu'à 160 000 dollars pour les droits en Amérique. Du rarement vu pour un premier roman.
Ce conte de fées éditorial éclipsera-t-il le roman? Ce serait fort dommage. Difficile de résumer Le Dieu des petits riens tant ce livre est étrange, d'une construction et d'un ton neufs. Uniques. Ce n'est qu'en progressant pas à pas dans ce roman éclaté que l'on saisit vraiment le projet de l'auteur. Et que l'on reconstitue peu à peu ce très subtil et très complexe canevas de mémoire, composé d'incessants aller et retour narratifs. A chaque page ou presque, on change d'époque, de scène, de plan, de personnage. Arundhati Roy ne vient pas pour rien du cinéma. Au début, le lecteur a du mal à se faire à cette respiration saccadée du souvenir, puis il se laisse complètement charmer, porter, emporter par les remous de l'histoire comme on se laisserait ballotter dans les tourbillons d'un fleuve pour échouer enfin, hébété, sur la berge.
Dès le début, nous savons que cette histoire se terminera mal puisqu'il est indiqué que le personnage principal, Ammu, «aux sourcils noirs arqués comme les ailes d'une mouette», est morte à 31 ans. L'âge qu'a sa fille, Rahel, quand elle retourne à Ayemenem, un gros bourg de la province du Kerala. Rahel, après des années d'absence et d'errance, vient rejoindre son jumeau, Estha, un garçon cloîtré, prostré dans le silence et l'abandon de lui-même. Sur les rives du fleuve qu'elle a longé toute son enfance, Rahel revoit les drames de sa famille. Et, surtout, les tragédies de cette année 1969. Elle revoit sa mère, divorcée, flanquée de jumeaux de 7 ans, qui se laisse glisser dans le tourbillon d'un amour interdit avec Velutha, un intouchable, autant dire un esclave, un sous-homme. Elle revoit la haine, les fausses compassions qu'a réveillées cet amour dans la vieille société des castes. La noyade de la petite Sophie, lointaine parente venue de la non moins lointaine Grande-Bretagne. La maison de l'Histoire, de l'autre côté du fleuve où, jadis, chuchotaient «des ancêtres aux ongles durs comme de la corne et à l'haleine chargée de l'odeur des vieilles cartes moisies», cette maison de l'Histoire dont personne ne possède la clef et où, avec son frère, elle tentera, un soir terrible, d'aller trouver refuge.
Avec subtilité, Arundhati Roy brosse le tableau de cette société indienne, «mélange entêtant de marxisme à l'orientale et d'hindouisme orthodoxe corsé d'une pointe de démocratie». Dans ce Kerala où le communisme a su se fondre dans l'héritage britannique et le très conservateur système des castes sans jamais rien remettre vraiment en question, les hommes battent leur femme sans vergogne, les intouchables, interdits d'existence, effacent jusqu'à la trace de leurs pas et les divorcées ne trouvent jamais le pardon. De Mammachi, la grand-mère, au commissaire de police, en passant par Pillai, la grande gueule communiste de service, tous se vengent quand Ammu tente, l'espace d'un éclair amoureux, de se débarrasser, «comme d'une vieille peau de serpent», du poids de l'Histoire, des convenances et des préjugés.
Il y a du Salman Rushdie chez Arundhati Roy. La même verve créative, la même lucide inconvenance. Mais Le Dieu des petits riens est aussi - et avant tout? - un grand, un superbe roman sensuel, chaleureux et bouleversant, ancré dans la réalité indienne. Elevée au bord d'un fleuve, au plus près de la nature, l'auteur du Dieu des petits riens s'est nourrie et a nourri son livre d'eau, d'air, de senteurs, de lumières, de personnages puisés à leur source vive. D'un trait de plume, elle saisit dans leur intimité le plissement d'une âme, la musique d'une mousson ou l'ultime soubresaut d'un éléphant électrocuté. Récit magique par son réalisme même, ce grand roman, qui en appelle autant à l'imagination qu'à la raison, respire l'authenticité. Et transpire de vérité. Interrogée sur ce qu'elle allait écrire maintenant, Arundhati Roy a déclaré: «Je n'ai rien à ajouter.»

Par Olivier Le Naire (L'Express), publié le 16/04/1998